Vendredi 7 août 2026 Newsletter Contact
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Conversation avec un directeur de festival de jazz sur la scène musicale actuelle

Conversation avec un directeur de festival de jazz sur la scène musicale actuelle

Un regard de l’intérieur : plongée dans les défis et passions d’un directeur de festival de jazz


Le jazz, ce style qui a traversé les siècles, ne cesse de se réinventer. Pour mieux comprendre les enjeux de la scène musicale actuelle, nous avons eu la chance de rencontrer Thomas Rigaud, directeur artistique du réputé festival « Jazz Horizons », une institution installée depuis plus de vingt ans dans le paysage culturel français. Entretien libre et inspirant autour des mutations du jazz, de la gestion d’un événement culturel, et de la transmission passionnée à de nouvelles générations.

Les racines et les ailes : l’évolution du jazz en France


La vitalité du jazz made in France ne se dément pas, même à l’heure du streaming et de la consommation musicale éclatée. Thomas Rigaud l’affirme :


« Contrairement à certaines idées reçues, le public du jazz est de plus en plus curieux. Nous accueillons chaque année des spectateurs de tous âges, friands de découverte autant que d’intemporalité. Le jazz a toujours été une musique de métissage, c’est ce qui la rend actuelle et universelle. »

Pour ce professionnel, le jazz d’aujourd’hui est « au croisement du patrimoine, de la création et de l’innovation ». Il cite le succès croissant de jeunes artistes, la diversité des propositions scéniques, mais aussi le brassage entre jazz, musiques du monde, électronique ou hip-hop. 


Festival Jazz Horizons : orchestrer la rencontre, cultiver la surprise


L’organisation d’un festival de jazz se présente comme un défi multiple : équilibre financier, programmation éclectique, logistique rigoureuse, mais aussi attention constante aux attentes du public et des artistes. Thomas Rigaud précise :


« La clé, c’est l’équilibre entre têtes d’affiche et découvertes. Nous travaillons toute l’année sur l’écoute de nouveaux groupes, la veille sur les tendances internationales, et l’échange avec le tissu associatif local. Notre plus grande réussite, c’est d’avoir fidélisé un public qui croit à ce pari sur la diversité. »

Un festival de jazz, ce n’est pas uniquement une succession de concerts. C’est aussi la création d’un écosystème culturel vivant, où se croisent musiciens, mélomanes avertis, curieux et habitants du quartier. L’attachement à la scène locale occupe une place particulière :


« Chaque édition, nous réservons une scène aux talents du département. Nous accompagnons les groupes en résidence, proposons des jam-sessions ouvertes ou des ateliers pour enfants. C’est une manière de transmettre la passion tout en valorisant notre territoire. »


Entre tradition et renouveau : quand le jazz se réinvente


Interrogé sur les tendances du moment, Thomas Rigaud observe une effervescence créative et un décloisonnement grandissant :


« On voit émerger une jeune génération qui bouscule les codes. Beaucoup s’emparent des outils numériques, intègrent des samples, invitent des rappeurs ou testent la narration visuelle sur scène. Mais il y a aussi un attachement renouvelé à l’improvisation pure, à l’acoustique ou à l’influence des racines afro-américaines. Cette double dynamique rend la scène jazz extrêmement enthousiasmante. »

Il cite le succès de collectifs comme Panam Panic, la multiplication des ponts avec les musiques électroniques ou la popularité croissante des festivals de niche qui misent sur l’audace (jazz hybride, free jazz, jazz et spoken word, etc.).


Accessibilité, diversité et transmission : les grandes priorités


Faire vivre la diversité culturelle, c’est aussi lutter contre l’entre-soi. Le directeur du festival insiste sur la nécessité d’aller vers de nouveaux publics :


  • Tarifs solidaires et pass jeunes : « Nous avons mis en place une politique de prix accessibles, avec des invitations pour les structures sociales ou associatives locales. Nous travaillons avec les écoles, les EHPAD, pour ouvrir le jazz à des publics pour qui le concert classique peut paraître intimidant. »
  • Ateliers et médiation : « L’action culturelle prend désormais une place centrale. Entre ateliers d’écoute, rencontres avec des musiciens ou visites ‘backstage’ du festival, notre but est de susciter la curiosité, souvent dès le plus jeune âge. »
  • Programmation inclusive : « Nous faisons appel autant à des musiciennes, à des groupes mixtes et venons aussi chercher les scènes jazz issues de toutes les diasporas. Cette diversité apporte une vraie richesse musicale, mais aussi humaine. »

Jazz, numérique et adaptation à l’ère du streaming


Le numérique bouleverse l’accès à la musique, mais Thomas Rigaud considère le streaming et la communication digitale comme des opportunités :


« Le concert en physique restera toujours irremplaçable, mais la diffusion en ligne – que ce soit via des live streams ou des contenus exclusifs sur nos réseaux – nous permet de toucher des publics bien au-delà de notre région. Nous avons également développé une série de podcasts pour décrypter en amont la programmation, et inciter les néophytes à pousser la porte du festival. »

Loin d’opposer réel et virtuel, le festival mise sur la complémentarité des expériences et l’interactivité : défis de playlists, interviews d’artistes sur Instagram, découverte des coulisses en stories… Le jazz s’invite dans les pratiques numériques contemporaines tout en préservant la magie du « live ».


Quelques conseils pour explorer la scène jazz aujourd’hui


  • Osez l’inconnu : le jazz n’est plus réservé à une élite ! Les festivals, clubs ou jams accueillent volontiers débutants et curieux.
  • Flânez sur les plateformes numériques : playlists thématiques ou chaînes de clubs permettent de découvrir l’immense richesse du répertoire contemporain.
  • Participez à la vie locale : de nombreux festivals mettent l’accent sur l’échange. Profitez-en pour rencontrer les artistes, poser des questions, et pourquoi pas participer à des ateliers ou masterclasses.

Témoignages : voix d’artistes et d’amateurs


« J’ai découvert le jazz au lycée grâce à une tournée du festival. Aujourd’hui, je pianote dans un big-band amateur et j’emmène mes enfants respirer cette ambiance chaque été ! »
— Sophie, 37 ans, Tours

« Ce que j’aime ici, c’est ce mélange de générations. Sur les jam-sessions, on croise autant d’étudiants que des musiciens retraités. Il y a une vraie transmission, sans chichis. »
— Julien, 22 ans, saxophoniste

« La médiation fait la différence. Les ateliers, les présentations, ça démystifie le jazz, et on se sent accueilli, même sans connaissance musicale. »
— Nora, 58 ans, public fidèle

Perspectives : entre résilience, adaptation et passion intacte


À l’heure où les événements culturels traversent des bouleversements logistiques, économiques ou sanitaires, le jazz conserve sa force d’innovation et de rassemblement. Pour Thomas Rigaud :


« La crise sanitaire nous a poussés à repenser les jauges, les espaces, à expérimenter du ‘hors les murs’ ou des captations numériques. Mais l’essentiel reste les rencontres, la surprise, l’émotion collective. Le jazz est une aventure humaine, et tant qu’il y aura des passionnés, il continuera de se réinventer. »

Conclusion : la scène jazz au diapason d’un monde qui change


La scène jazz d’aujourd’hui s’inscrit dans une dynamique d’ouverture, de dialogue et de transmission. Festivals, clubs et musiciens s’adaptent aux nouveaux usages, multiplient les ponts entre genres et générations, et contribuent puissamment à la vitalité de la vie culturelle locale. Que l’on soit amateur averti ou nouvel auditeur, une chose est sûre : la scène jazz est plus vivante que jamais, ouverte à tous et à toutes celles et ceux qui souhaitent vibrer au son de l’improvisation, de la diversité et du partage.

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